vendredi 12 avril 2013

  Le soir du mercredi 27 février. Je suis appelé. Je quitte la salle d'attente pour le couloir du service des urgences. Le docteur a la tête en berne, ses yeux s'échappent. Je comprends. Je demande : « c'est pas bon ? ». Il confirme. Il m'explique. Hémorragie cérébrale. Je l'interroge sur les chances de survie, les séquelles éventuelles...
  Il répond : « moi, je ne parle même plus de séquelles ».
  C'est foutu.
  Journal d'une survie, jeudi 11 avril
  La chute. L'humiliation. Profonde, mordante et tranchante comme une entaille... 
  Troisième jour de crise. Pas d'issue. Au contraire, je m'enfonce ! 
  J'avais prévu de faire les P de C au matin mais je me rendors après la sonnerie du réveil. Une séance de travail de perdue. Avec les enfants à la cantine je me débrouille pour devenir un pauvre nullard qu'on méprise. Plus exactement, juste avant le nullard qu'on méprise. 
  Si je n'attaque pas les P de C, je suis mort ! C'est simple. Et ce n'est pas une image ! Mais je n'y arrive toujours pas ! Enfin si, un peu. Mais mal, sans inspiration. Pas la peine d'insister, ce serait remplir des pages pour rien ! Je dors dessus, une fois encore.
  Heureusement, dans tout ce merdier, j'ai suffisamment de réussites à mon actif pour ne pas sombrer totalement dans le désespoir.