mardi 26 mars 2013

  Le 14 février, ou le 15 ou le 16... Ce jour-là, un de nos chiens est mort.
  Après la surprise à mon père, je suis rentré chez nous. Il est tard, je suis à l'ordinateur. Disposés dans la pièce, les chiens se consacrent au sommeil avec intensité. Sauf le malade, qui glisse sans souffrir dans une torpeur de plus en plus inquiétante. Je finis par comprendre que si je ne fais rien, il n'y aura pas de demain pour celui-là. J'appelle un numéro d'urgence vétérinaire. Au bout du fil, on n'a besoin que de quelques descriptions pour me livrer le diagnostic : torsion de l'estomac ! Trop tard pour agir ! Le téléphone est encore à mon oreille quand le chien se secoue un peu, dans un dernier petit spasme. C'est terminé, il est mort. Quelques mots encore, échangés avec la voix au téléphone, qui a l'air sincèrement désolée, et puis je raccroche.
  Tout au long de l'après-midi, la vie s'est évaporée doucement de son corps de chien. Il est mort comme un jour qui s'éteint peu à peu, pour laisser venir la nuit... Et moi qui le regardais, je ne l'ai pas compris.
  Singulièrement, trois semaines plus tard, mon père allait connaitre une agonie presque semblable.
  Journal d'une survie, lundi 25 mars 
  J'ai tenu le coup. La mise en place des progrès est lente, mais elle est là. Aujourd'hui est une journée importante.