jeudi 4 avril 2013

  Quelques jours auparavant, à l’hôpital pas loin de chez nous, l'un de nous – mon père ou moi je ne sais plus – avait relancé le projet d'achat de la montre. Mais depuis je n'avais pas eu vraiment le temps de m'y atteler.
  Le mardi 26 février, en fin d'après-midi, je suis dans la chambre de mon père, aux soins de suite de notre ville. Maintenant qu'il est installé là, nous avons devant nous des moments plus tranquilles et je peux m'occuper sérieusement de lui trouver enfin une montre qui convienne à notre budget. La veille, j'ai déjà exploré une braderie remplie de produits d'importations, sans succès, et je compte dès demain en entreprendre une autre. J'en parle à mon père, qui propose alors d'essayer l'hypermarché de notre ville. Mais c'est un endroit aussi vaste que désagréable, un grand repaire du brigandage commercial moderne, où les gens s'engouffrent en multitudes fébriles et glauques. Nous nous faisons un point d'honneur d'y laisser notre pauvre argent le moins souvent possible.
  Réticent à l'idée d'aller là-dedans, je pense alors à faire une recherche sur internet. Mon père adhère à mon idée avec enthousiasme et il se met à en discuter.
  Et c'est là que moi, pris à la gorge à cause de ce qui est en train de se passer, je commence à ne plus pouvoir jouer le jeu de la relation avec lui...
  Journal d'une survie, mercredi 3 avril  
  Je me suis remonté, et j'ai continué à avancer. Mais c'est terriblement dur. Mon père me manque à tout instant et les progrès sont plus lents que ce que je voudrais. 
  Rédaction des messages en retard, obligé d'antidater.