Quelques jours auparavant, à l’hôpital
pas loin de chez nous, l'un de nous – mon père ou moi je ne sais
plus – avait relancé le projet d'achat de la montre. Mais depuis je n'avais pas eu vraiment le temps de m'y atteler.
Le mardi 26 février, en fin
d'après-midi, je suis dans la chambre de mon père, aux soins de
suite de notre ville. Maintenant qu'il est installé là, nous avons
devant nous des moments plus tranquilles et je peux m'occuper
sérieusement de lui trouver enfin une montre qui convienne à notre
budget. La veille, j'ai déjà exploré une braderie remplie de
produits d'importations, sans succès, et je compte dès demain en
entreprendre une autre. J'en parle à mon père, qui propose alors d'essayer
l'hypermarché de notre ville. Mais c'est un endroit aussi vaste que
désagréable, un grand repaire du brigandage commercial moderne, où
les gens s'engouffrent en multitudes fébriles et glauques. Nous nous
faisons un point d'honneur d'y laisser notre pauvre argent le moins
souvent possible.
Réticent à l'idée d'aller là-dedans,
je pense alors à faire une recherche sur internet. Mon père adhère
à mon idée avec enthousiasme et il se met à en discuter.
Et c'est là que moi, pris à la gorge
à cause de ce qui est en train de se passer, je commence à ne
plus pouvoir jouer le jeu de la relation avec lui...