Mardi 26 février. Mon père est enfin
transféré du petit hôpital pas loin de chez nous aux soins de
suite de notre ville. Il se débarrasse, soulagé, de ce lieu qu'il déteste et
de ces gens qui le révulsent.
Moi, depuis dimanche et la visite de
mon frère, j'ai tous mes démons qui me chargent. Je suis dans un
naufrage permanent dont je ne survis, à chaque fois, qu'à force
d'obstination. Les gestes les plus anodins de la vie réclament des
efforts invraisemblables ; mais malgré tout je parviens à agir.
Pour moi, là est la grande nouveauté :
pour la première fois de ma vie, dans une telle circonstance,
j'échappe à la paralysie irrépressible qui finissait toujours par
gagner en moi ! C'est un progrès extraordinaire !