jeudi 28 mars 2013

  Mardi 26 février. Mon père est enfin transféré du petit hôpital pas loin de chez nous aux soins de suite de notre ville. Il se débarrasse, soulagé, de ce lieu qu'il déteste et de ces gens qui le révulsent.
  Moi, depuis dimanche et la visite de mon frère, j'ai tous mes démons qui me chargent. Je suis dans un naufrage permanent dont je ne survis, à chaque fois, qu'à force d'obstination. Les gestes les plus anodins de la vie réclament des efforts invraisemblables ; mais malgré tout je parviens à agir.
  Pour moi, là est la grande nouveauté : pour la première fois de ma vie, dans une telle circonstance, j'échappe à la paralysie irrépressible qui finissait toujours par gagner en moi ! C'est un progrès extraordinaire !
  Journal d'une survie, mercredi 27 mars
  Mes craintes se sont confirmées : la dernière bataille n'était qu'une escarmouche. L'étape n'est pas passée, elle est devant moi ! Aujourd'hui, je mets tout dans la balance. Je dois franchir ce seuil si je veux avoir des chances.