Dans la nuit du mercredi 27 au jeudi 28
février. Mon père est dans la chambre individuelle, à l'étage du
petit hôpital pas loin de chez nous. On nous a laissés seuls et je
m'adresse à lui. Mais les mots sonnent creux. La sincérité
s’étouffe dans ma gorge. Je ne sais toujours pas lui parler.
Je lui fais le bilan de mes progrès,
mais mon discours est contourné et compliqué ; le sens de mon
propos se perd dans les méandres de mes paroles. Je veux lui
expliquer mon attitude de mardi, mais je suis toujours incapable
de lui dire combien je m'étais trouvé minable. J'essaye de le
rassurer sur mon avenir, de lui dresser un portrait optimiste de ce
que je pourrais devenir après sa disparition, mais, encombré
de précautions et de détails, je rends touffus ce qui aurait dû
être simple.
Devant son corps en agonie, je suis
encore impuissant à lui dire ce qu'il faudrait !
Mais tant pis, je continue sans m'encombrer de scrupules. Le temps est court avant son départ et je dois lui offrir ce que j'ai de meilleur. Et même si c'est insuffisant, même si c'est mal, c'est toujours mieux que rien.
Mais tant pis, je continue sans m'encombrer de scrupules. Le temps est court avant son départ et je dois lui offrir ce que j'ai de meilleur. Et même si c'est insuffisant, même si c'est mal, c'est toujours mieux que rien.