mercredi 20 mars 2013

  Mercredi 13 février, en soins intensifs cardiologiques, dans le grand hôpital départemental. Mon père souffre, toujours sur fond de colère. Tout lui fait mal. Son corps, le lit, la bouffe, les piqures, et ces gens en blouses, dans leurs tunnels de certitudes, qui n'adaptent pas leurs manières de faire à sa douleur...
  Lorsqu'il me voit, le docteur me demande si mon père est habituellement agressif (agressif... je crois, sans en être certain, que c'est le mot qu'il a employé). La veille, aux urgences du petit hôpital pas loin de chez nous, on m'avait posé exactement la même question, dans les mêmes termes !
  Mon père n'a jamais reculé devant le scandale. J'imagine que, dans l'impuissance physique presque totale où l'a laissé son malaise, il s'est débattu à coup d'emportement et de mépris contre ces piètres médicrates. Peut-être qu'il a crié, et injurié...
  Sur le coup, je n'ai pas pensé à réclamer plus de précisions à ces docteurs et, pris par les évènements, je n'ai pas non plus insisté pour obtenir d'avantage de détails de mon père.
  Journal d'une survie, mardi 19 mars 
  Attaques terribles encore. Je résiste et malgré tout j'avance. Un jour de plus...