vendredi 5 avril 2013

  Le mardi 26 février, en fin d'après-midi, je suis dans la chambre de mon père, aux soins de suite de notre ville. Nous sommes en train de parler de la montre et je me sens pris à la gorge...
  Depuis que mon père explore l'idée de recherche sur internet, j'ai l'impression qu'il radote. Plus la discussion s'allonge, plus j'étouffe. Et à la fin, je ne peux plus dissimuler. Mes mots ne prennent pas un tour insultant, non, mais mon attitude se met à exprimer ouvertement l’énervement et le rejet. Mes gestes, le ton de mes paroles, mes arguments... Je ne suis plus qu'un bloc d'opposition systématique ! Je ne supporte plus mon père !
  J'ai tellement de difficultés à agir, je suis tellement paniqué par chaque nouvelle chose à faire, que les digues ont cédé en moi, une fois encore !
  Pour clore je dis à mon père, sur un ton sec, que je dois aller en commission avant l'heure de fermeture et je l'assure que je vais m'occuper de la montre. Et je pars et, au moment de passer la porte, je lâche sans me retourner ces mots misérables « Bonne soirée, bonne nuit et pas trop de souffrance... »
  Les derniers mots de notre dernière discussion.
  Journal d'une survie, jeudi 4 avril
  Cafard terrible et difficulté à travailler. L'impression que tout ça ne sert à rien. Mais je m'accroche. Difficultés énormes pour finir l'histoire de cette montre et le récit de mes derniers mots à Dominique.