"Bonne soirée, bonne nuit et pas
trop de souffrance..." Le mardi 26 février, en fin
d'après-midi, c'est par ces mots misérables que je quitte mon
père.
Et dans le couloir des soins de suite
de notre ville, où j'avance d'un pas vif pour quitter les lieux et aller en commission,
je me demande si je n'ai pas été trop cassant, et j'hésite à faire
demi-tour. Mais je choisis de continuer vers la sortie. Depuis deux jours,
tous mes démons attaquent et je dois leur tenir tête. Le combat
est encore devant moi, durant cette soirée que je vais passer seul
chez nous, où il me faudra vaincre et agir pour ne pas
m'effondrer.
À ce moment-là, comme tant d'autre
fois depuis des années, je décide de me concentrer sur le progrès
à portée de ma main, et je sacrifie la relation avec mon père. Pas parce que j'y
suis indifférent, bien au contraire !
Mais parce que j'estime que cette relation est de toute façon contaminée par nos handicaps à chacun. Et que la seule manière de
l'améliorer en profondeur, c'est de nous guérir une bonne fois pour
toute de ces maux qui nous rongent.
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