Journal d'une survie, vendredi 15 mars
C'est dur... Pas foutu d'écrire ce putain de billet quotidien. Pourtant je me le dois... La moindre faille et je m'effondre. Si j'arrête d'avancer, c'est la glissade et le réveil de tous mes enfers, les uns après les autres !
Aujourd'hui, je voulais justement raconter la mort d'un de nos chiens, pendant l'hospitalisation de mon père. Mais c'est une histoire trop compliquée. Il faut la dire par petits bouts. Seulement aujourd'hui précisément, un autre toutou m'a plaqué... Pour la même cause exactement : torsion de l'estomac !
J'ai tout fait pour sauver la grande bête, j'ai déboulé chez le véto dès les premiers symptômes. Verdict : 1200 à 1500 euros l'opération, avec une chance sur trois de succès. Trop, et trop peu. J'ai laissé partir la chienne !
Finie l'écumeuse des mottes de terre, qui se lançait à toutes pattes dans d'immenses trajectoires à travers champs, pendant nos promenades. Finie la belle aboyeuse, l'enquiquineuse d'oiseaux, la retourneuse de taupinières au coup de griffe acharné, la sprinteuse des courses au lièvre, qui gaspillait généreusement son énergie dans de folles chasses à jamais vaines. Finie la grande peste, dépitée de la moindre caresse mal distribuée, qui passait sa jalousie en cognant les deux mâles à petits coups de museaux vifs, ponctués de jappements réprobateurs.
La maison se vide...
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