Dans la nuit du mercredi 27 au jeudi 28
février. Mon père est aux urgences, sur une civière, bardé de fil
et de tuyau. On m'a promis de lui trouver une chambre individuelle,
où je pourrais lui parler. Les docteurs me disent tous la même
chose : rien n'est certain, mais peut-être que son esprit est
encore là et que, quelque part au fond du coma, il reste une
conscience capable de recevoir les paroles prononcées. Ils n'en
savent rien du tout, et ils ne s'en cachent pas, mais ils font comme
si. Je vois les gens de l’hôpital s'adresser à mon père pour
l'avertir de chaque manœuvre sur son corps abandonné.
Je veux lui parler, à mon papa en
train de mourir, je veux clore de belle manière notre aventure
ensemble, et effacer autant que possible les paroles sordides que
j'ai prononcées en le quittant, mardi.
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