vendredi 29 mars 2013

  Dans la nuit du mercredi 27 au jeudi 28 février. Mon père est aux urgences, sur une civière, bardé de fil et de tuyau. On m'a promis de lui trouver une chambre individuelle, où je pourrais lui parler. Les docteurs me disent tous la même chose : rien n'est certain, mais peut-être que son esprit est encore là et que, quelque part au fond du coma, il reste une conscience capable de recevoir les paroles prononcées. Ils n'en savent rien du tout, et ils ne s'en cachent pas, mais ils font comme si. Je vois les gens de l’hôpital s'adresser à mon père pour l'avertir de chaque manœuvre sur son corps abandonné.
  Je veux lui parler, à mon papa en train de mourir, je veux clore de belle manière notre aventure ensemble, et effacer autant que possible les paroles sordides que j'ai prononcées en le quittant, mardi.

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